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Se croire sorti de la cuisse de Jupiter

 

Pour cette nouvelle édition, nous allons voir une nouvelle fois comment d'un mythe nous en sommes arrivés à utiliser une expression dans le langage courant ! Cette fois-ci, intéressons-nous à la tournure « Se croire sorti de la cuisse de Jupiter ».

(source : site sylvie-tribut-astrologue.com)

Brièvement, on utilise cette expression Se croire sorti de la cuisse de Jupiter, l'équivalent romain de Zeus pour les Grecs, en référence à la naissance particulière de Dionysos, le Dieu du vin et de l'ivresse.

 

Pour commencer, Zeus, le roi des cieux, s'était épris de la belle Sémélé, une princesse de la cité de Thèbes en Grèce.

Tout le long de leur idylle, il la comblait de présents tous plus radieux les uns que les autres mais leur relation devait rester secrète. En effet, l'épouse de Zeus demeure Héra.

 

Cette dernière se rendit compte au bout d'un certain temps que son mari la trompait, encore une fois, et elle voulut se venger. Effectivement, dans de très nombreux mythes, Zeus entreprend des relations avec des mortelles ou des déesses.

Ainsi, c'était la fois de trop qui la décida à agir.

 

Hélas, elle ne pouvait attaquer directement Zeus, car il reste néanmoins le plus puissant des Olympiens. Elle décida donc de s'en prendre à Sémélé, pour faire souffrir son mari et le punir.

 

C'est de cette manière qu'un jour, durant la grossesse de Sémélé, Héra vint la trouver après avoir revêtu l'apparence de Béroé, son ancienne nourrice. Sémélé, alors mise en confiance, lui avoua qu'elle portait l'enfant de Zeus, le seigneur des cieux. Héra, toujours déguisée en nourrice de la princesse, l'incita à se poser des questions sur la véritable nature de son amant qui pouvait peut-être s’avérer n'être qu'un charlatan : qui sait ? Elle s'assura de déstabiliser la princesse et puis l'abandonna complètement confuse et perdue. Et ce, à tel point que lors de la nouvelle visite de Zeus, Sémélé lui demanda de faire serment sur le Styx qu'il lui offrirait ce qu'elle voudrait. Il le fit. Et elle lui demanda alors de se présenter à elle sous sa forme véritable pour lui prouver qu'il état bien un dieu. Zeus essaya tout d'abord de la raisonner, de lui expliquer qu'elle n'y survivrait pas. Mais Sémélé était désespérément à la recherche de réponses et savait qu'elle ne pouvait accoucher d'un enfant dont elle ne connaissait pas la véritable identité du père. Quoi de plus normal ?

De plus, prise d'une certaine jalousie, incitée par la venue d'Héra, elle s'était persuadée que puisqu'elle portait l'enfant de Zeus, elle était autant capable qu'Héra de regarder son amant sous sa vraie nature. Ayant fait une promesse sur le Styx, Zeus était contraint de satisfaire Sémélé ; il finit donc par se montrer à elle sous sa forme céleste, armé de ses éclairs.

 

La tragédie arrive alors et la princesse se consume, foudroyée par l'essence divine du dieu. Héra eut ainsi sa vengeance et fit d'une pierre deux coups (tiens, une autre expression !). Elle a réussi à éliminer sa concurrente sans le faire elle-même, et elle a même fait en sorte que ce soit son mari qui détruise son amante.

 

Heureusement, un coup de théâtre se produisit. Lorsque Sémélé mourut, le petit garçon qu'elle portait fut sauvé par Zeus qui, pour que l'enfant finisse sa gestation, s'entailla la cuisse et l'y plaça.

 

Plusieurs mois passèrent avant que Zeus ne rouvrit sa cuisse, donnant ainsi naissance une seconde fois à Dionysos, alors arrivé à terme.

 

C'est ainsi que l'on a gardé l'expression « se croire tout droit sorti de la cuisse de Jupiter ». Cette dernière signifie avoir une très haute opinion de soi, être prétentieux. On l'emploie pour désigner un individu qui place sa naissance sous un signe particulier et se prend pour un être d'essence divine, comme descendant du Roi des dieux en personne.

L'individu ainsi désigné est une personne qui se prend pour un dieu, supérieur aux autres.

A l'inverse, on dit aussi de quelqu'un qu'il « n'est pas sorti de la cuisse de Jupiter » afin de sous-entendre qu'il n'a rien de spécial, qu'il est banal.

 

Marvin BAZIN-OZTURK

 

Tag(s) : #Zoom sur une expression française

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