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Les lycéens au théâtre

 

Le mardi 29 Novembre dernier, les élèves de 1ère STL et STMG se rendaient au théâtre pour assister à la représentation de l’Île des esclaves de Marivaux.

 

Effectivement, le Théâtre de Chartres proposait ce fameux mardi, la représentation de la pièce de Marivaux avec une mise en scène de Gerold Schumann et pour acteurs Marc-Henri Boisse, Vincent Bernard, David Delaloy, Maud Vandenbergue et Claire Cahen qui ont interprété les personnages du maître Iphicrate, de son valet Arlequin, d'Euphrosine et de sa suivante Cléanthis avec bien-sûr le gestionnaire de l'île, Trivelin.

 

Cette pièce que certains connaissent, d'autres pas, n'est pas bien longue mais fait passer un bon nombre de messages et de moments plaisants et comiques.

 

Suite à un naufrage, Iphicrate et Euphrosine qui sont deux personnages de la noblesse athénienne se voient échouer sur l'Île des esclaves avec leurs valet et suivante Arlequin et Cléanthis. Sur cette île où se sont installés depuis plusieurs années tous les esclaves rebelles, la règle est simple : tous les esclaves deviennent maîtres et tous les maîtres deviennent esclaves afin de leur apprendre à voir la vie différemment. Toute la pièce durant, le personnage de Trivelin amène nos quatre héros à se voir tels qu'ils sont réellement et à tirer profit de la situation pour mieux comprendre les relations qui les lient.

 

Véritable satire sociale, cette pièce que Beaumarchais qualifiait de « petit bijou » a généralement plu aux lycéens qui se sont prêtés au jeu et ont pris leur soirée pour aller au théâtre !

 

Mais voyons réellement ce qu'en ont pensé les élèves de 1ère STL et STMG qui ont assisté à la pièce. Je me suis entretenu avec quelques-uns de ces élèves et voici leur point de vue !

 

Pour tous, il était intéressant d'aller assister à la représentation de cette pièce car cela fait partie du programme de français de cette année pour le BAC. C'est donc aussi un moyen de voir différemment la pièce et de mieux la comprendre.

 

Le constat est unanime : voir la pièce fait qu'il est plus facile de comprendre le sens du texte. Certains déploraient le manque d'action et de décors. D'autres ont beaucoup apprécié la mise en scène qui était épurée avec très peu d'éléments : une chaise, une épée et une trappe sur la scène. Malgré tout, il y avait de la sensibilité et c'était intéressant, ont-ils expliqué.

 

Au niveau du sens de la pièce, il s'agit d'une belle leçon de morale que de mettre l'esclave qui prend le dessus et se retourne face à son maître, c'était « à la fois interactif et marrant », « C'est pas mal pour se mettre à la place de l'autre, ça remet à sa place ».

 

Parmi les élèves interviewés, un a trouvé que la mise en scène était amusante, notamment avec la scène réduite à un disque éclairé pour délimiter l'île. Aussi, la trappe permettait de faire sortir les personnages de manière plaisante.

Il espère que cela lui sera utile pour la BAC de français et pour comprendre les enjeux de ce texte. « Le fait de voir la mise en scène est très constructif. On voit les sentiments des comédiens et du coup on arrive à comprendre le texte en lui-même plus facilement qu'en le lisant simplement ».

 

Les décors étaient simples et suffisants et les comédiens jouaient bien. « C'était un ensemble bien réussi ».

 

Enfin, ils ont apprécié le principe d'aller voir la pièce avant de l'étudier « ça nous aide à mieux voir les idées de la pièce que l'on peut ne pas voir ou ne pas comprendre en lisant. On peut visualiser le texte ».

 

J'ai ensuite été demander à un professeur son point de vue sur la mise en scène :

 

« Il était intéressant de proposer cette sortie aux élèves en lien avec leur programme de français. Il ne faut pas oublier que l'objet d'étude au BAC consiste à étudier le texte théâtral et sa représentation !

De plus, cette pièce est plaisante et intéressante car, en 1725, Marivaux rompait avec le classicisme en ne faisant qu'un acte composé de 11 scènes et en abordant un thème novateur : celui de la critique de la hiérarchie sociale.

La présence de la trappe est signifiante car elle fait écho à la Traite Négrière qui avait lieu à l'époque. La trappe des bateaux donnait accès à la cale où on enfermait les esclaves. C'est donc très intéressant d'avoir centré la mise en scène sur cette idée-là.

Un de mes élèves a trouvé que l'épuration de la mise en scène, des décors et des costumes permettait de montrer la différence insignifiante entre maître et esclave et de prouver qu'ils sont très proches. Ils échangent juste un élément de costume : une veste pour Iphicrate et Arlequin et une jupe en cordage pour Euphrosine et Cléanthis. (...)

Ce que j'ai le plus apprécié, c'est le personnage d'Arlequin que j'ai trouvé très comique.

J'invite également ceux qui le souhaiteraient à aller voir sur internet les représentations modernes et futuristes de la pièce qui fait partie des plus jouées ces derniers siècles. »

 

Vous l'aurez compris, tentez l'expérience du théâtre, vous ne le regretterez pas !

 

Marvin BAZIN-OZTURK

Avec la participation des élèves de première STL et STMG : Oriane Prost, Clarie Monnier et Victor Kerhoas.

Tag(s) : #culture

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