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Ouvrir la boîte de Pandore

 

Pandore ouvrant la boîte, par John William Waterhouse

(source : arts.mythologica.fr)

 

Prenons pour cette première édition de l'année l'expression « Ouvrir la boîte de Pandore » ! Il est nécessaire de poser quelques jalons afin de contextualiser et donc de mieux comprendre ce mythe.

 

Tout d'abord, ce mythe se déroule lorsque l'Homme n'habitait encore que des grottes et n'avait pas encore commencé à devenir civilisé.

En ces temps-là, Prométhée était un titan, un être antérieur aux Dieux olympiens tels Zeus, Poséidon, etc. Selon certaines légendes, il serait considéré comme le père de la race humaine, enfin cela reste incertain car pour d'autres cela serait Zeus. Selon certaines idéologies, l'un ou l'autre aurait façonné les hommes à base de terre et d'eau avant de leur insuffler la vie.

De plus, Prométhée avait un frère nommé Epiméthée, nom signifiant celui qui réfléchit après ; vous comprendrez alors pourquoi dans quelques instants. Ce dernier fut chargé de partager équitablement les qualités entre humains et animaux comme l'intelligence, la ruse, l'agilité... Mais Epiméthée, n'ayant pas réfléchit avant, avait mal partagé entre les espèces animales et humaines et au final, les animaux se sont retrouvés avec la quasi-intégralité de ces qualités et il n'en restait presque plus pour les humains.

 

C'est à partir de ce moment-là que Prométhée décide de rétablir l'équité entre les espèces. Ainsi, il donne le feu aux Hommes. Il leur apporte aussi les arts et les techniques pour compenser les bêtises de son frère.

 

Il s'attire la colère de Zeus car en effet, c'était le feu, les techniques et les arts qui différenciaient les dieux des humains et des animaux disposant alors du même statut. Ces attributs étaient caractéristiques de leur supériorité. Et puisque les dieux avaient besoin de se sentir supérieurs en tout, Zeus en particulier, ils prirent très mal le fait que les Hommes puissent autant leur ressembler.

Zeus intervient donc et prive l'humanité du feu sacré censé les guider vers le chemin de la civilisation.

Néanmoins Prométhée récidive, convaincu du bien-fondé de son acte. Il finira par être condamné à se faire dévorer le foie chaque jour par un aigle, attaché à un rocher dans le Caucase, jusqu'à ce qu'un certain héros, Héraclès (ou Hercule si vous préférez), l'en libère.

 

Toutefois, Zeus n'était toujours pas satisfait de sa vengeance contre Prométhée et décida de punir les Hommes qui avaient acquis le feu.

 

Pour se venger, Zeus envoya l'ordre à Héphaïstos de créer la première femme, Pandore, qui reçut un don de chaque Olympien : la beauté d'Aphrodite, la curiosité d'Athéna, l'habileté d’Héphaïstos... Ils l'offrirent à Épiméthée [celui qui réfléchit après] qui sans tenir compte des avertissement de son frère Prométhée l'épousa.

 

En effet, Prométhée se doutait que Zeus ne se satisferait pas de la punition qu'il lui avait infligé. Je vous le rappelle : être enchaîné à un rocher du Caucase et se faire dévorer le foie chaque jour car en tant qu'immortel, celui de Prométhée repoussait à chaque fois.

Selon lui, Zeus essaierait de s'en prendre aux Hommes. Et il avait raison !

 

Quelque temps après le mariage, Hermès amena en plus une jarre en guise de présent à Épiméthée et à Pandore. Et là, Épiméthée, se rappelant soudain des avertissements de son frère, s'abstint de l'ouvrir et l'interdit à sa femme. Cette jarre donnait une irrésistible envie de l'ouvrir car d'extérieur elle était d'une beauté divine. Et devinez ce qui s'est passé : Pandore, ayant obtenu la curiosité d'Athéna, ne put s'empêcher de l'ouvrir. C'est ainsi qu'elle répandit tous les maux sur Terre : la famine, la vieillesse, la maladie, le vice, la passion, la tromperie, le travail, la folie... Il demeura cependant l'espoir personnifié par Épis qui devait redonner foi aux homme en leur avenir. C'est d'ailleurs vrai : c'est l'espoir qui permet de tout surmonter et de continuer à vivre, et ce quelles que soient les horreurs de son passé. Il faut avoir foi en un avenir meilleur et croire au bonheur.

 

Et c'est ainsi que, la première femme apparue, tous les maux s'évadèrent du vase afin de tourmenter les humains. Depuis lors, cette jarre s'appelle la boîte de Pandore. Pour ceux qui souhaiteraient le savoir : Zeus, lui, a fini par se calmer puisque effectivement, grâce aux arts et aux techniques acquises, les Hommes ont commencé à bâtir des temples en l'honneur des dieux. Ce qui, les flattant, a apaisé leur courroux et en particulier celui de Zeus. Aussi, on peut supposer que puisque les hommes se sont mis à avoir des maladies, à vieillir, à subir des tourments comme la famine... Et bien, même avec la connaissance du feu, des arts et des techniques, ils demeuraient considérablement différents des dieux qui eux bénéficient de leur statut d'immortel.

 

Voilà. Vous savez maintenant la raison pour laquelle, on emploie la tournure : ouvrir la boîte de Pandore ; expression utilisée pour désigner l'action d'ouvrir un présent, un cadeau offert avec des intentions perfides et qui n'apporte que des dangers et des nuisances à celui qui l'ouvre. En apparence, il est très difficile de résister à l'envie de l'ouvrir mais au final, il s'agit d'une erreur. Ouvrir un tel présent c'est s'exposer à de graves conséquences. Il s'agit d'un cadeau empoisonné.

Une morale s'en dégage : Il faut savoir résister à la tentation. Parfois, il existe des portes à ne pas franchir car comme cette boîte qui ne pouvait plus être refermée, lorsque l'on en franchit une, il arrive toujours un moment où le point de non-retour apparaît. Et là, la sentence est irrémédiable...

Marvin

 

Tag(s) : #Zoom sur une expression française

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